Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

l'Histoire
Situé au nord ouest de Besançon, (»localisez sur la carte) le quartier comptait au début du siècle dernier quelques 150 habitants.
La vie s’organisait autour d’une activité d’élevage, de maraîchage et vinicole.
Les habitants du quartier vendaient au centre de Besançon leur surplus directement au consommateur, notamment le lait.

En ville, les montboucontois assuraient également le ramassage des ordures qu’ils pouvaient utiliser comme compost pour leur culture.
Cette activité était réglementée sous le terme d’équille et soumise à la commune.
Preuve aussi d’un passé vinicole, on peut encore découvrir rue Arago une caborde, cabane en pierre sèche.

Un fait important : le 19 juillet 1870, la guerre est déclarée entre la France et la Prusse. La supériorité numérique et technique de l’adversaire est écrasante face à l’artillerie française totalement dépassée et désuète. Le 22 octobre de la même année, 10000 prussiens et bavarois prennent les villages de Cussey, Etuz, Châtillon le Duc et Voray, défendus par 1200 alpins et vosgiens, appelés en renfort.

Besançon est sur le qui vive. Les autorités ont fait entrer dans la boucle le maximum de réserves alimentaires et de bétails. Le capitaine de frégate Henri Marius Rolland organise à distance une défense moderne derrière la colline des Montboucons. Pendant des mois, les habitants de ce quartier résistent à l’avancée prussienne, pansant leurs blessures, leurs mains gelées et gangrenées et luttant contre la variole et la tuberculose.

Au mois de février 1871, les notables bisontins entament des négociations avec l’ennemi et obtiennent de lui que la ville soit épargnée. Derrière la ligne défensive des Montboucons, Besançon est donc restée jusqu’au bout libre et imprenable.

Les premières années du XXeme siècle devaient être distinguées pour notre mémoire collective. Ce fut le séjour estival pendant quelques années de la jeune écrivain Colette.

La construction d'une école en 1936 allait avoir une importance décisive trente ans plus tard lorsque l'implantation du domaine universitaire scientifique dans le vallon, fit découvrir la qualité objective de ce coteau sud-est, pour le développement d'un habitat pavillonnaire périurbain en harmonie avec la physionomie végétale. Le Plan d'occupation des sols mis en œuvre au milieu des années 70 a confirmé cette vocation urbanistique évidente.

Grâce à l'existence préalable de l'école et de sa fonction d'interaction sociale, les nouveaux habitants se sont agrégés aux familles plus anciennes et la convivialité de voisinage a pu s'élargir à l'ensemble de ce quartier très étendu.

Il faut aussi noter la présence dans notre quartier de l’une des dernières exploitations agricoles encore en activité sur la commune de Besançon, la ferme Chatelain.

Avec la construction de la voie express qui libère des espaces de réserve foncière, c'est une nouvelle étape de développement du quartier qui apparaît à l'aube de ce XXIeme siècle et qui coincide avec la mise en place des nouveaux plans d'urbanisme.

 

L'écrivain COLETTE et Les MONTBOUCONS

A la moindre sollicitation de ma mémoire, le domaine des Monts-Boucons dresse son toit de tuiles presque noires, son fronton Directoire, qui ne datait sans doute que de Charles X, peint en camaïeu jaunâtre, ses boqueteaux, son arche de roc. La maison, la petite ferme, les cinq ou six hectares qui les entouraient, M. Willy sembla me les donner : « tout cela est à vous. » Trois ans plus tard, il me les reprenait : « Cela n’est plus à vous, ni à moi. »  Le verger, très vieux, donnait encore des fruits, maigres et sapides. De juin à novembre, trois ou quatre années de suite, j’ai goûté là-haut une solitude pareille à celle des bergers. A 6 heures en été, à 7 heures en automne, j’étais dehors, attentive aux roses chargées de pluie, ou à la feuille rouge des cerisiers tremblant dans le rouge matin de novembre. Les rats d’argent s’attablaient à même la treille, la couleuvre géante, prise dans le treillage du poulailler, ne put échapper aux poules féroces. Le chat était durement gouverné par les hirondelles, qui lui défendaient à coups de becs, à grands sifflements guerriers, l’accès de la grange dont chaque poutre soutenait une rangée de nids….

En 1900, Colette a 27 ans, elle est alors l’épouse et le « nègre » de M. Henry Gauthier Villars dit « Willy ». Celui-ci, en remerciement des premiers tomes des « Claudine » que Colette a écrits mais que Willy a signés, lui offre le domaine des Monts-Boucons.

Comme aux plus agréables des pièges, j’ai failli rester prise aux charmes des Monts-Boucons. Vieux arbres fruitiers, cerisiers et mirabelles ; murs épais, impétueux feux de bois, sèches alcôves craquantes – il s’en fallut de peu que de bourguignonne je ne tournasse bisontine, tout au moins franc-comtoise.

Entre 1902 et 1907 Colette vient donc passer les étés dans sa retraite bisontine. Elle y écrit entre autre La Retraite sentimentale, roman dans lequel la maison devient « Casamène ».
Mais en 1907, le couple se sépare et la maison des Monts-Boucons est vendue.

En somme, on m’arrache là mes Monts-Boucons et ça me fait au cœur une sale petite plaie qui ne se referme pas.

Beaucoup plus tard, elle affirmera encore : Les Monts-Boucons sont un pays de nostalgie ; un temps et un pays à jamais perdus.

Colette meurt en 1954, elle est célèbre, reconnue comme l’un des meilleurs écrivains du XXème siècle, mais elle n’a pas oublié son domaine montboucontois.

Le goût de mes heures franc-comtoises m’est resté si vif qu’en dépit des années, je n’ai rien perdu de tant d’images, de tant d’études, de tant de mélancolie.

Retour en Haut
Contactez-nous ici.

Météo.